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Superstitions

Avant de rebaptiser un bateau, il faut tuer le macoui

Tuer le macoui

Le macoui est ce grand serpent qui suit en permanence le bateau.

Le sillage en quelque sorte

En effet, pour rebaptiser un bateau sans s'attirer les foudres de Neptune, il faut couper le macoui...

Pour le tuer, il faut tout d'abord sortir en mer avec un autre bateau ami

Après avoir saouler le macoui en versant de notre breuvage favori à l'arrière du bateau à rebaptiser, le bateau ami vient par trois fois le couper le sillage le plus près possible du tableau arrière.

Et voilà, l'ancien macoui étant mort, il ne reste plus qu'à rebaptiser le bateau et à arroser dignement le nouveau macoui !

Sans oublier de remercier Neptune en lui versant à lui aussi rasade de vin côté tribord...


Texte de baptême de bateaux

Texte modèle de baptême de bateau

(le texte sera être adapté selon l'histoire du bateau )

(ce texte est libre, néanmoins par fair-play, citez la source lors de copies)
merci

Baptême d' Allegretto

Moi Neptune, empereur des océans tumultueux, seigneur des golfes, baies et calanques, fils de Saturne et frère de Jupiter, sorti de mon palais au fond des mers, chevauchant mes chevaux marins, je viens de baptiser, fringant voilier

Tu es là par le désir de tes propriétaires, Judith et Hans.

Découvert sur Internet dans un port des rives du lac de Zurich à Schmerikon, amener sur les rives de bleu Léman par Transboat, tu as été entretenu avec amour et passion par ton ancien propriétaire, tu es resté comme neuf, mais tu étais néanmoins à l'étroit sur ton petit bout du lac . Maintenant, ton horizon s'agrandit, tu va pouvoir fendre les eaux transfrontalières et admirer les coteaux de Lavaux, et avoir l'horizon devant ton étrave, barré par des nouveaux navigateurs qui s'aguerrissent chaque jour davantage.

Tu as déjà fait preuve de vaillance dans quelques coups de vent, cabré tu avance frétillant d'aise, heureux de chevaucher les vagues, ne te gênant pas d'asperger tes passagers, et même de casser quelques verres, heureusement vides

Tu réagit sainement dans les situations difficiles.

Tu es un bon bateau.

Si tu as attendu longtemps sur la réparation de tes feux de mât, et que ton propriétaire a faillit te couler en remplissant le réservoir d'eau potable, maintenant tout est rentré dans l'ordre et tu ne gardes pas de rancune a Hans pour t'avoir trempé tes fonds, épongés avec dextérité et rapidité par Judith.

Tu es baptiseé au nom musical d'Allegretto, et je te souhaite de naviguer longtemps sur les eaux lémaniques,

Aux néophytes Judith et Hans ayant gardé bon estomac, bon pieds, bon oeil dans les grosses houles qui grondent au-delà du port, nous vous décernons le titre de marin d'eau douce, ce qui vous autorise à cracher au vent, chiquer moult tabac, boire sec et jurer dans dans les tempêtes à venir

Je souhaite bon beaucoup de plaisir à ton équipage.


Le cousin du lièvre, ou l'animal au longues oreilles

UNE LEGENDE...
UNE CROYANCE...
UNE SUPERSTITION...
NON, UNE RÉALITÉ !

On ne doit jamais citer son nom sur un bateau, ni en manger, ni en embarquer.
Si votre enfant a un doudou de cet animal, hésitez de le prendre sur votre bateau, mais cela risque de créer un sérieux drame !!!

On ne sait jamais pourquoi un fait arrive à traverser l'histoire, emporté par le roulis du temps et se retrouve, notre XXle siècle, encore plus vivant qu'à sa naissance.

D'un simple cousin du lièvre affamé qui, un jour, a décidé de ronger les cordages, toute une portée de cousins du liévre a envahi le monde de la mer et s'est installée dans l'esprit de chaque marin.

Le fondement d'une superstition repose sur presque rien, une anecdote, un détail qui a su frapper l'imagination et s'est répété dans l'espace. C'est ainsi que le cousin du lièvre a pris la barre de la légende du temps de la marine à voile. Il a continué à naviguer par ruse, attentif au moindre geste qui lui permettra d'exercer son pouvoir maléfique. Il est devenu une béquille à l'ignorance et une explication de la malchance. Il travaille de concert avec les forces naturelles. Qu'un mât vous tombe sur la tête, qu'un spi éclate, qu'une tornade se lève, voilà autant de causes qui se conjuguent avec cousin du lièvree. Avec ses longues oreilles, il cache la réalité pure et prend forme avec toute la fantaisie de l'imaginaire mais ses mauvais coups sont bien réels.

Retournons en arrière lorsque les grands voiliers ont lancé leur premier Mayday! Comment les capitaines au long cours auraient-ils songé, un seul instant, que chaque cousin du lièvre embarqué à leur bord, reculerait d'autant leurs chances d'arriver à bon port.

Il faut bien préciser qu'à l'époque de la marine à voile, on n'allait pas où on voulait, ni quand on voulait. Tous les principes de la navigation reposaient sur l'incertitude, l'imprévisible et les longues traversées n'étaient pas toujours une question de distance. Toulon à Gibraltar pouvait prendre trois ou quatre jours comme trois semaines selon le caprice des vents. Durant la dernière course des greniers flottants depuis l'lrlande jusqu'en Australie et retour en contournant le Cap Horn en 1939, le premier a effectué la traversée en 91 jours et le dernier, en 140, tous des quatre mâts barque lestés au maximum avec un chargement de grain.

Dans de telles conditions, l'alimentation pouvait causer de très graves problèmes qui ne se sont résolus qu'au tournant du siècle ... et encore. Les principes de conservation dataient de l'âge de pierre et n'avaient guère évolué depuis le premier aviron. La plus grande partie de l'avitaillement consistait en un grand nombre de tonnelets contenant du boeuf et du lard au sel, des biscuits de mer et des sacs de pommes de terre. La viande était ensuite légèrement désalée à l'eau croupie sur laquelle même les mouettes plissaient du bec. Un peu restreintes, les ripailles!

Alors pour compléter ce régime draconien, on embarquait toujours des cochons et des volailles pour garnir surtout la table du capitaine, des officiers et, in extremis, celle des malades.

Mais, comme on dit, on ne pouvait tout de même pas transformer la cale en basse-cour. Ces animaux étaient donc comptés en fonction des galons, des jours fériés et sur l'hypothèse du nombre de jours passés en mer. Comme il arrivait souvent qu'on sous estimait le décompte, chacun devait se serrer la ceinture. Lorsqu'on est rendu à gratter les fonds de baril, on ne va tout de même pas engraisser les cochons ...mais on avait oublié de nourrir les cousin du lièvre!

-" Alors, on me sort de mon terrier; on m'embarque de force sur un bateau et maintenant on me réduit au jeûne, se dit le cousin du lièvre. Ils ne l'emporteront pas au paradis, foi de rongeur. Ce n'est plus le temps de rester encagé. On est tombé en classe économique et je crois bien qu'il faut se servir soi-même ! "

Voilà comment toute l'histoire a commencé...

L'instinct de conservation a poussé littéralement les cousin du lièvre vers ce qui se rapprocha-t-it le plus de leur alimentation naturelle: la fibre de chanvre. Malheureusement, on la retrouvait partout, de la cale à la tête de mât, sous forme d'étoupe ou de cordage. Prisonniers dans leur cage de fortune, les cousin du lièvre regardaient d'un oeil avide tout ce qu'ils pourraient éventuellement se mettre sous la dent. Le seul problème était de savoir où attaquer le premier service !

" Les grands voiliers ne s'éloignaient jamais dans les zones de pot au noir sans avoir à bord de la nourriture fraîche. Quand les cousin du lièvre n'avaient plus rien à manger, certains arrivaient à grimper sur le pont du navire et rongeaient les cordages qui arrimaient les mâts. Ils pouvaient ainsi faire démâter un grand voilier et l'envoyer à sa perte ,, déclare Christian Février de Voiles et Voiliers.

" Les zones de pot au noir, forment des bandes plus ou moins étroites dans la région sub-équatoriale où les alizés se détériorent: ou le grain s'abat violemment et envoie des vents imprévisibles qui s'acharnent soudain sur le bateau de tous les côtés à la fois, ou le bateau se retrouve encalminé ad vitam aeternam ... ou presque ! La fluctuation du temps était monnaie courante. On a qu'à penser aux caps-horniers qui devaient parfois attendre plus d'un mois avant de doubler la pointe dans des conditions favorables. Cette situation forçait les capitaines à prendre à bord des animaux vivants dont la valeur nutritive pourraient éventuellement suppléer à la carence des salaisons dont la consommation unique à long terme était mortellement reconnue.

Qui n'a pas entendu parler du scorbut! "

Le fait de démâter ne constitue pas la cause première des naufrages car les cousins du lièvre avaient tout ce qu'ils voulaient à fond de cale.

C'était l'époque des bateaux de bois dont la coque, assez fragile, essuyait avarie sur avarie. En dépit du calfatage, l'étanchéité du bordé n'avait rien d'absolu et l'assaut répété des vagues, quand ce n'était pas la flibuste, avait tout lieu de fatiguer les coutures du navire et produire des infiltrations d'eau.

" Alors, quand de son côté le cousin du lièvre décidait d'attaquer l'étoupe qui maintenait le bordé, on frisait la catastrophe à plus ou mois brève échéance".

Les cordages semblent avoir été la gourmandise par excellence de ces petits rongeurs. " lls avaient l'habitude de grignoter les cordages de chanvre qui arrimaient la cargaison. Une forte gîte faisait systématiquement céder les attaches affaiblies et la masse se déplaçait comme un bélier prêt à foncer. Si la coque résistait à un tel choc, le bateau risquait quand même de se coucher irrémédiablement sur les flots ", explique Alain Gabbay, skipper du trimaran Charles Heidsieck, ce multicoque révolutionnaire qui devait prendre le départ à la Transat Tag.

Olivier de Diouris, équipier sur Paul Ricard II ajoute: "Il faut bien préciser que les grands voiliers chavirent à 50 degrés; avec une forte gîte et un contre-poids, on peut facilement atteindre le point de non retour. Sur ces bateaux, la cargaison était souvent séparée à fond de cale par des bardis, soit des cloisons rudimentaires en planches qui séparaient les denrées en vrac du reste de la cargaison. Les barils étaient aussi entreposés à part, ainsi que le bois, le fret, etc. Malheureusement, les cousin du lièvre avaient tendance à sortir de leur casier pour aller gruger les cordages qui arrimaient le chargement. Celui-ci ripait sous le vent, brisait les bardis et pouvait tout entraîner sur son passage ".

Thierry Deflandre, second sur Région Nord - Pas de Calais, souligne la présence de gueuses à fond de cale pour lester les navires. "Si le cousin du lièvre va se faire les dents sur les cordages qui servent à arrimer cette masse de fer, c'est le naufrage assuré. Lors de roulis violents, le déplacement brutal des gueuses fait chavirer un bateau sans rémission".

Loic le Glatin, Breton d'origine, qui devait s'embarquer à bord du Livingston, a grandi avec cette superstition. "Tous les gens de la mer, dit-il, sont conditionnés par certaines contraintes. Elles sont encore plus fortes chez les pêcheurs ... peut-être parce qu'ils vivent toujours en mer et que c'est elle qui les nourrit ! Mais tous et chacun la respectent à travers des interdits, que ce soit le cousin du lièvre ... ou la femme". En effet, il y a peu de temps encore, seul le visage et le buste de la femme sculpté en figure de proue pouvaient défier les dieux océans. Si une femme se trouvait à bord lors d'une tempête , on l 'attachait irrémédiablement au mât pour exorciser les flots.

La marine traditionnelle était enveloppée de ces tabous dont certains existent encore, sans anecdotes et sans histoire pour les étayer comme c'est le cas pour la couleur verte. On ne sait pas pourquoi mais la superstition demeure et nous force à respecter cette restriction. Mais comment peut-on faire entendre raison de nos jours à un sponsor qui s'identifie par sa couleur ? " Quelle chance le Livingston peut-il avoir de se classer quand l'équipage est vert de la tête aux pieds ? "Le problème, dans ces superstitions, ajoute Loic le Glatin, c'est qu'on ne peut pas s'empêcher d'y penser même si on affirme qu'on n'y croit pas. Il faut dire que le cousin du lièvre a créé assez de dommage pour continuer à hanter les marins d'aujourd'hui. Ceci développe automatiquement une tension qui vous conduit tranquillement à l'erreur fatale mais ... il y a toujours des circonstances qui ne s'expliquent pas et dont l'inconnu nous effraie".

On peut avoir à bord autant de rats que l'on veut, mais un seul cousin du lièvre peut vous enfourner à tout jamais. Même si les rats consomment la ration d'un cinquième de l'équipage, déclare Bougainville, il affirme par sa présence que le navire est parfaitement sain. En effet, contrairement au cousin du lièvre, le rat est très intelligent; il a conscience de l'eau qui l'entoure. Le cousin du lièvre est absolument inconscient de son environnement. Si un bateau a la moindre défectuosité, à minuit une, le rat fout le camp et le cousin du lièvre continue son repas.

D'une façon ou d'une autre, que ce soit l'étoupe ou les cordages, le démâtage ou le désalage, ce petit rongeur a toujours pris un malin plaisir à créer des situations dramatiques. Si on arrive à le transformer en civet sur la terre ferme, malheur à celui qui voudra le passer à la poêle à quelques kilomètres des côtes. Il fera tout en son pouvoir pour rester passager au lieu de plat cuisiné et il cherchera par tous les moyens à vous faire payer son embarquement.

La transmission orale de cette hantise s'est transformée et s'applique maintenant à l'animal dans un sens beaucoup plus large. On ne peut plus prononcer son nom à bord, voir son image ou le consommer sans attirer sa vengeance. Le cousin du lièvre n'a pas supporté d'être amené de force loin de son environnement naturel et il se défend encore dans un siècle de raison.

En Bretagne, le cousin du lièvre a envahi le monde maritime avec une telle intensité que tous les marins de la côte vivent encore cette croyance. Bernard Cadoret et son équipe ont effectué une recherche sur la voile au travail en Bretagne Atlantique, une étude faite en 1984, mais qui dénote de façon évidente, l'implication d'un tel phénomène dans notre contexte actuel:

"Doté d'un moteur, d'un sondeur et d'aides électroniques raffinées, le marin moderne évolue dans un monde rationnel où la part d'inconnu a singulièrement diminué. Mais ce n'est pas un hasard si tous les groupes de pêcheurs du monde au temps de la voile et des avirons, ont été superstitieux. Leur connaissance intime de la météorologie, des modifications du milieu, du comportement du poisson, reste dérisoire en regard de la part d'inconnu et d'imprévisible que recèle la mer profonde. La superstition tente de suppléer à ces blancs de la connaissance et à l'intolérable impuissance qui en résulte. Se priver, par réaction, d évoquer ce qui n'est pas positif, reviendrait à laisser dans l'ombre tout un pan psychologique pourtant bien réel de la pêche traditionnelle.

"Certains êtres vivants (hommes ou animaux) semblent avoir la faculté d'attirer le bosj (malchance). Si par malheur on les rencontre avant d'aller en mer ou en préparant les engins, la pêche est à coup sûr compromise; peut-être risque-t-on beaucoup plus. La simple mention de leur nom suffit à gâcher une marée.

"À Douarnenez, ces êtres sont actuellement désignés du nom d'ampech. Le répertoire des animaux redoutés en Cornouailles pour leur pouvoir maléfique est assez bref. Parmi eux le plus connu est le cousin du lièvre (ou lièvre) désigné sous plusieurs sobriquets, tel " le longues oreilles; il n'est évidemment pas question d'en manger à bord. D'une manière générale, on n'évoque ces animaux qu'au travers de prudentes périphrases".

À Audierne, "parler de renard, de lièvre, de loup, de ce dernier surtout, à la pêche, porte malchance. Prononcer le nom seul suffit. Les vieux marins d'Audierne levaient l'ancre aussitôt le mot dit et venaient à terre. Aujourd'hui le patron prend dans le bateau le premier poisson venu et le jette à l'eau: Tiens, Ki-coat (chien des bois) voilà ta part ! s'écrie-t-il pour conjurer la mauvaise chance ". Cela se passait en 1891.

La Superstition du lapin a envahi toute la côte Atlantique depuis le début de la marine à voile. Bien ancrée dans les coutumes françaises, elle a entraîné dans son sillage toute la fascination du fantastique. En Angleterre comme en Écosse, le lapin se terre dans les tabous et c'est sans doute le seul animal qui puisse faire perdre le flegme à un Anglais.

En Suisse, si le lapin garde toujours sa mauvaise réputation, il est un peu moins malin. Il se contente d'arrêter le vent mais il n'en faut pas davantage pour perdre une course et saper le moral d'un équipage.

En Italie, la superstition semble avoir été importée. Lorsqu'on parle de lapin, on dit qu'il ne faut pas bouffer les mouettes!

En Amérique, le lapin n'a fait que frôler la côte ouest de l'Atlantique. Il est arrivé en même temps que les Français à St-Pierre et Miquelon quelques siècles passés. A Terre-Neuve, il nargue depuis longtemps les morutiers basques et bretons et combien de récifs portent l'empreinte des longues oreilles!

Autre site sur la superstition

http://www.pirates-corsaires.com/superstitions.htm


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C'est comme toutes choses, il faut en user avec partimonie

«Amateur, cela veut dire "qui aime", et c'est bien de cela qu'il s'agit. J'aime la mer et j'aime être en mer. J'aime partir, larguer l'amarre et passer les feux ; j'aime naviguer, voir le vent tourner, la brise adonner, le ciel changer, la mer se former et se déformer ; j'aime le bouillon chaud dans le thermos au pied du barreur et l'étoile qu'on prend un temps pour cap la nuit, entre hauban et galhauban ; j'aime quitter une côte de vue, et, après un jour, huit jours, un mois, en voir apparaître une autre, qu'on attendait ; j'aime arriver, entrer, mouiller, et quand tout est en place, fixé, tourné, ammaré, ferlé, rabanté, être à terre. Je suis un amateur.»
Jean François Deniau.