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Historique du port de la Pichette-est

La Pichette.

Sursis de six mois pour la SA du port.

Si, durant la nuit du 4 avril 1987, la digue flottante du premier port de la Pichette-Est avait sombré au fond du Léman, depuis sa reconstruction en dur de 1992, plusieurs fois la société anonyme avait frôlé le naufrage total.

Ainsi en est-il de nouveau aujourd'hui avec la décision du juge du Tribunal du district de Vevey qui a finalement décidé d'ajourner la faillite de la SA, demandée par les communes de Corseaux et Chardonne, nommant du même coup un curateur.Le juge avait en fait toutes les données en main pour déclarer une faillite simple.

Il a, semble-t-il, préféré donner une ultime chance à la SA en installant un curateur à sa tête, Bruno Vocat, qui devra non seulement administrer la société anonyme, mais surtout tenter de trouver des solutions de sauvetage.

Un challenge que l'administrateur nommé ne pourra relever que s'il arrive à concilier un tant soit peu l'actuel conseil d'administration emmené par le bouillant Emil Jucker, les communes concessionnaires et la BCV, cette dernière engagée pour un crédit de presque 11 millions de francs qui ont en particulier servi à reconstruire le port.Outre des questions de personnes, l'administrateur devra encore clarifier la nature véritable d'une créance contestée de 1,7 million de francs.

Guy-Olivier Chappuis

Après avoir tenté de trouver une solution avec ses créanciers, le conseil d'administration veut obtenir un concordat

La Société du port de plaisance Pichette-Est demande la faillite

Après avoir tenté de trouver une solution avec ses créanciers, le conseil d'administration veut obtenir un concordat. Et accuse les communes de Chardonne et Corseaux de cette issue.«En évaluant tous les éléments, votre conseil d'administration a donc décidé d'informer le juge que la société est en faillite par cessation de paiement.» La Société du port de plaisance Pichette-Est se trouve désormais dans une impasse qui l'a conduit à demander le dépôt de bilan. Dans une lettre adressée, hier, aux actionnaires, le conseil d'administration se plaint de l'impossibilité de trouver une solution avec ses créanciers.

Elle a toutefois demandé au juge la possibilité de régler, avec l'aide d'un curateur, un concordat par abandon partiel ou total des actifs.L'arbitrage intervenu l'té dernier ordonnait aux communes de rembourser les navigateurs lésés par l'croulement du port en 1987, mais leur laissait le droit de se retourner contre la société gérant les places d'amarrage. Un montant de quelque 3,7 millions a donc été réclamé à la société, dont les liquidités frôlent le niveau zéro. Cette dernière a demandé aux communes d'attendre que les places d'amarrage soient vendues avant d'exiger ce remboursement.

Un arrangement balayé qui met la société dans l'impossibilité d'envisager une autre solution que le dépôt de bilan. Les communes devraient donc se retrouver avec, en guise de paiement, des places d'amarrage à vendre. De même que la Banque Cantonale Vaudoise, qui a toujours une créance ouverte contre la SA pour un montant de plus de 10 millions, correspondant à la reconstruction du port.Selon Georges Charotton, syndic de Corseaux, les communes n'ont pas l'intention de s'occuper de ces ventes elles-mêmes. «Une nouvelle SA sera crée pour la gestion du port», ajoute-t-il.

Il souligne qu'avec le conseil d'administration actuel, il n'y avait aucun moyen de redresser la situation. «Cette affaire est complètement embrouillée, pourrie et il y a eu des incorrections graves», lance-t-il. Pourtant, la création d'une nouvelle SA remettrait les communes dans une posture pratiquement identique à l'actuelle. «Pas tout à fait, corrige-t-il.

Les communes ne vont pas continuer à rester à l'cart et venir à la rescousse quand il faut essuyer les plâtres. Mais, actuellement, nous n'avons aucun moyen cohérent pour intervenir.» De plus, Georges Charotton ne cache pas que les ponts ont été rompus depuis quelques semaines déjà avec la SA actuelle. «Nous ne voulons plus de ce conseil d'administration avec lequel nous ne pouvons pas trouver de solution.

Nous ne voulons plus de M. Jucker (n.d.l.r.: président du conseil d'administration) qui ne fait rien d'autre que de dévier en corner chaque fois qu'on lui pose une question.» Dix ans après le coup de vaudaire qui a détruit le port, on assiste à l'épilogue d'un conflit fortement influencé et alimenté par des querelles personnelles.

Jacqueline Favez

Quelques coupures de journaux relatant les difficultés de la reconstruction

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Fin amère d'un notable veveysan

Président de l'Association romande de ski© RAZLIKLI METE -

La démesure, dans le pire et le bon sens du terme, caractérise la vie de Jacques-Henri Beausire, promoteur et politicien veveysan mort à 63 ans.

Il y a deux semaines, l'hiver approchant, Jacques-Henri et moi sommes encore montés à son chalet pour fermer l'eau.» Fred Anderson, ébéniste veveysan, est un ami de Jacques-Henri Beausire, emporté par un cancer, à 63 ans. «Quand nous étions gamins, nous jouions au Jardin du Rivage.

Le lac comptait beaucoup pour lui.

Mais c'était bien avant l'histoire du port de la Pichette. Après ça, il n'a plus voulu entendre parler de bateau. Je lui ai proposé l'aviron, il ne voulait rien savoir. Il n'avait que la montagne en tête, sa passion. » La Pichette, c'est l'histoire d'un port tout proche de Vevey dont les digues furent emportées par une tempête de vaudère en avril 1987. Un désastre dont les forces naturelles n'étaient pas seules à l'origine et qui a contribué à entacher la réputation de Jacques-Henri Beausire, l'un de ses promoteurs.
Pour ce flambeur des années huitante, menant grand train, les ennuis commencent. En 1994, la caisse de l'Association romande de ski présente un important déficit. Le manque à gagner dans la caisse est imputé à son président qui n'est autre que Beausire, accusé de mauvaise gestion. Traité de «mégalomane » par les patrons des différents clubs, celui-ci était effectivement connu pour son caractère dépensier.

La chute

En décembre 1997, le jeu des affaires se corse pour Beausire qui est arrêté en raison de malversations dans le cadre de ses activités immobilières et de gestion de fortune. Il passe deux mois en prison. Son procès aura lieu huit ans plus tard. Le 7 mars 2005, endetté jusqu'au cou avec ses sociétés, Beausire est condamné à deux ans ferme de prison pour abus de confiance par métier. Selon le tribunal, les détournements portent sur près de 8 millions de francs. Le condamné aura purgé douze mois et passé le reste en liberté conditionnelle.

Un caractère généreux

Ancien municipal de Saint-Légier (1972-1981), député au Grand Conseil, lieutenant-colonel dans les troupes d'infanterie, Cent Suisse durant la Fête des Vignerons de 1977, Jacques-Henri Beausire n'a de loin pas laissé que des mauvais souvenirs sur la Riviera. Sa dérive financière n'est au fond que la face sombre d'un homme qui aura paradoxalement marqué sa région par son caractère enjoué et plaisantin. «Il a beaucoup soutenu les jeunes skieurs, il se souciait de l'avenir des juniors, il était très généreux, parfois même un peu trop. Sans lui, la station des Pléiades n'existerait plus», témoigne Georges Charotton, ancien syndic de Corseaux.
Si certains le jugeaient hautain et autoritaire, d'autres, comme Emile Saugy, ancien syndic de Saint-Légier, soulignent «l'autorité naturelle de Beausire, un homme épatant, dévoué, toujours prêt à discuter, un vrai démocrate». Il nourrissait «un réel intérêt pour l'activité militaire, il était qualifié pour commander et il aimait ça», soutient Ernest Cardis, un autre ancien syndic de Saint-Légier.
«Jacques-Henri était aussi un bon père, un homme très disponible pour sa famille et ses amis», confie Fred Anderson. «Les repas dominicaux en famille étaient sacrés pour lui», ajoute Georges Charotton. «La prison a rongé son énergie», soupire Fred Anderson, qui veut garder le souvenir d'un «grand sportif, chaleureux et bon vivant».

NICOLAS VERDAN